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 En 1991 Proposition d'un archéologue pour les détecteurs de métaux

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Lancelot
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Masculin Date d'inscription : 20/01/2013
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MessageSujet: En 1991 Proposition d'un archéologue pour les détecteurs de métaux   Ven 25 Jan - 9:38

Trouvé sur ce site : http://membres.multimania.fr/ecoledeladetection/avantages.htm#
un texte fort intéressant sur la possibilité de trouver un terrain d'entente entre Détectoristes et archéologues
Malheureusement plus de 20 ans après .... on se rend compte que rien n'a bougé



AVANT-PROPOS

Je voudrais tout d'abord remercier M. BLANCHET, M. PETIT et M. GÉRARD Pour la confiance qu'ils ont bien voulu me témoigner en me permettant de travailler en pleine collaboration avec eux dans une spécialité si décriée : la détection électromagnétique.

INTRODUCTION

Depuis onze ans que je pratique la détection électromagnétique, j'ai surtout appris à découvrir de nouveaux avantages, de nouvelles applications au service de l'archéologie et non des inconvénients.
Toutefois, ces inconvénients existent.
Le plus important et dénoncé fort justement par vous tous, c'est le "clandestinage ".
Le second inconvénient majeur est à mon avis l'utilisation non structurée, non rationnelle du détecteur.
Je rappellerai tout d'abord la législation actuelle en matière de détection électromagnétique, puis je développerai les divers avantages à travers nombre d'exemples vécus tant en matière de prospection que de fouille.
Enfin, au risque de déplaire ou de choquer, je tenterai quelques propositions qui me semblent de nature à remédier d'une part au " clandestinage ", et d'autre part à servir parallèlement la cause archéologique.

LA LÉGISLATION
EN MATIERE DE DÉTECTEURS DE MÉTAUX

La loi du 18 Décembre 1989 relative à l'utilisation des détecteurs de métaux précise dans son article 1 : @@ Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.

Un récent décret du 19 août 1991 complète cette loi dans son titre premier, article 1 : " L'autorisation d'utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, prévue à l'article le' de la loi du 18 Décembre 1989, est accordée, sur demande de l'intéressé, par arrêté du Préfet de la Région dans laquelle est situé le terrain à prospecter. "
La demande d?autorisation précise l?identité, les compétences et l'expérience de son auteur ainsi que la localisation, l'objectif scientifique et la durée des prospections à entreprendre.
Lorsque les prospections doivent être effectuées sur un terrain n'appartenant pas à l'auteur de la demande, ce dernier doit joindre à son dossier le consentement écrit du propriétaire du terrain et, s'il y a lieu, celui de tout autre ayant droit
L'arrêté accordant l'autorisation fixe les conditions selon lesquelles les prospections devront être conduites.
Lorsque le titulaire d'une autorisation n'en respecte pas les prescriptions, le Préfet de Région prononce le retrait de l'autorisation.
A propos de cette nouvelle disposition, je tiens à manifester mon inquiétude au sujet de la lourdeur de cette procédure qui retarde les interventions sur le terrain.
Dans le cadre de fouilles ou de sauvetages, ne peut-on pas considérer que les autorisations des propriétaires des terrains sont obligatoirement délivrées avant l'ouverture des recherches et que dans ces cas précis, seul l'accord du Directeur des Antiquités Historiques suffit pour l'utilisation du détecteur sur ces chantiers, accord avalisé ultérieurement si nécessaire par le Préfet selon les dispositions légales ?
En revanche, dans le cadre des prospections, je trouve cette disposition, quoique contraignante, tout à fait justifiée ; elle oblige en effet à planifier longtemps à l'avance les prospections envisagées car il n'est pas rare en milieu rural que de multiples parcelles contiguës soient réparties entre de nombreux propriétaires et exploitants.
Force est de constater que la loi en ce domaine n'a pas dissuadé et ne dissuadera pas les "poêles à frire clandestines" de battre la campagne, voire même de sillonner allègrement les sites déclarés, quand elles ne s'installent pas sur un chantier en cours de fouille.
Alors, comme il n'est pas possible d?obtenir des autorisations facilement, je préconiserai que chaque association, habilitée à l'instar du GERAME, dispose d'une section "PROSPECTION-DÉTECTION-, moyennant bien entendu l'adhésion de prospecteurs "de bonne moralité" qu'il appartiendra aux présidents d'association d'agréer ou non.
Pour éviter tout débordement, seuls le responsable de cette section et son suppléant seraient munis d'habilitation assortie d'autorisations du S.R.A., et maintenant du Préfet, propres à chaque prospection envisagée.
Cela suppose, bien entendu, que le responsable et son suppléant aient eux-mêmes une connaissance suffisante en matière de fouille archéologique afin de former et de sensibiliser les adhérents de leur section aux divers aspects de la prospection.
Ces sections étant ainsi constituées, il importe qu'elles ne se dispersent pas en actions isolées mais qu'au contraire, elles agissent suivant un programme bien structuré comportant à la fois des opérations de prospection, de sauvetage ou de fouille.

LES POSSIBILITÉS ET AVANTAGES DU DÉTECTEUR DE MÉTAUX

A - La prospection


Afin d'éliminer les prospecteurs clandestins, une prospection systématique de tous les sites actuellement connus devrait être faite de façon méthodique, destinée à établir sur plan un inventaire détaillé des trouvailles réalisées.
Ces inventaires seront mis ultérieurement à disposition de toute fouille programmée venant à s'ouvrir sur les lieux.
Outre la prévention sur les sites déjà connus, la prospection électromagnétique se fixe d'autres objectifs


1 - Elle permet de préciser la nature et la datation des sites connus, grâce à un inventaire plus complet et plus détaillé des objets s'y rattachant.
2 - Elle permet également de faire le suivi des sites :
En effet, chaque labour apporte en surface de nouveaux éléments. Un passage de la sous-soleuse, grande destructrice de sites, est encore plus spectaculaire et m'a permis de déceler par exemple sur la commune de Videlles un dépôt monétaire du IV siècle.
3 - En fin, elle permet la localisation de nouveaux sites :
Cela suppose l'étude méthodique des cartes IGN au 1/25000', tant sur le plan de la topographie que sur celui de la toponymie. C'est ainsi que le toponyme "la Masure " indiquant très souvent la présence de sites antiques nous a permis de localiser àMondeville divers habitats très étendus.
Dans ce cas précis, la poterie était très fragmentée et peu abondante mais la détection électromagnétique nous a permis, grâce à nombre de monnaies bien localisées, de distinguer sur plan dans l'attente d'une fouille éventuelle 4 secteurs différents
- une zone gauloise ;
- une zone gallo-romaine du II ème siècle ;
- une zone gallo-romaine du IV ème siècle ;
- une zone carolingienne et médiévale.
Cette activité de prospection s'avère donc très positive en matière de prévention ainsi que dans le cadre de l'établissement et de l'affinement des données de la carte archéologique.


B - Le sauvetage
S'il est un secteur où le détecteur de métaux s'avère être l'allié indispensable de l'archéologue, c'est bien celui de la fouille de sauvetage, puisqu'il interviendra efficacement en agissant rapidement pour devancer les clandestins, et en fournissant nombre d'éléments très précieux pour déterminer la nature et la datation du site : monnaies clairsemées ou dépôts monétaires, différents types de fibules, dépôts d'armes, d'outils ou objets divers...
Un exemple tout récent illustre bien l?intérêt du détecteur en fouille de sauvetage - il s'agit du site de la Chardonnière, àSaintPierre-du-Perray Ou je suis intervenu après décapage par les engins mécaniques. Le site semblait vraiment se limiter à une zone très arasée dans sa partie droite et le sauvetage arriver à sa fin lorsque la répartition des monnaies à la périphérie du site m'incita à poursuivre de façon plus insistante mes investigations dans la partie gauche alors couverte par d'énormes buttes de remblais. Un écho très important et profond à la lisière de ces buttes nous permit de mettre au jour tout d'abord une passoire à vin en bronze archéologiquement complète, similaire à celle trouvée aux Mureaux et conservée au musée de Guiry-en-Vexin, trouvaille suivie bientôt d'un ensemble d'attelage en fer de plusieurs dizaines de kilos, ainsi que nombre de poteries diverses, pour la plupart entières et cassées sur place.
Nous décidâmes alors de faire enlever les buttes par les engins, ce qui nous permit de mettre au jour d'abord un important mobilier, dont 140 monnaies, ainsi que les murs de l'habitat et diverses fosses très denses en matériel...


C - La fouille
De nombreux exemples de l'utilité du détecteur peuvent être évoqués. Ils varient bien sûr selon le type de fouille, selon son étendue, sa durée et le type de sol fouillé.
Je propose trois interventions bien structurées et toutes aussi nécessaires.


Avant la fouille
- Prospection systématique de surface de toute la zone à fouiller après décapage, avec collecte des éléments localisés et fichage pour localisation sur plan.
Nombre d'entre vous seront contre cette pratique jusqu'au jour où, ayant reçu la visite de clandestins, ils connaîtront la frustration et la vaine révolte qu'engendre la vision d'un trou béant creusé à la hâte et dont on ignore le contenu.


Pendant la fouille
passage systématique tous les cinq centimètres afin de percevoir les échos d'éléments très petits tels que bijoux, détritus, clous de chaussure, etc.
L'attention du foufouille est alors mobilisée ; il sait qu'il y a un élément métallique dont la nature est déterminée à l'avance (ferreux ou non !)
L'objet localisé reste en place; le foufouille le prélèvera après estimation du contexte de la trouvaille.
Dans le cas d'objets fragiles (monnaies, fibules, statuaire, outils, etc.), c'est une garantie supplémentaire de préservation.
Une application particulière du détecteur s'illustre dans la fouille des nécropoles.
L'exemple m'a été fourni par la fouille de la nécropole de Chantambre à Buno-Bonnevaux, menée par M. Louis GIRARD, et à laquelle j'ai eu la chance de participer pendant quelques années.
Sans dévoiler tous les secrets des recherches effectuées par M. GIRARD, je dirais qu'en dehors des inhumations de nouveautés effectuées dans des jarres ou demi-jarres, des crémations (une seule urne funéraire en verre à l'époque de ma participation), des corps jetés, l'ensemble des inhumations est constitué soit de corps déposés sur des brancards, en grande majorité, soit de corps déposés en cercueils.
Dans ces deux derniers cas, les clous fixant soit les éléments du cercueil, soit les éléments du brancard sont déterminants, toutes les boiseries ayant bien évidemment disparu.
A l'époque, il y avait déjà 600 ou 700 tombes allant de 0,50m à 2,50m de profondeur; or, on ne peut raisonnablement descendre 2,50 m à la truelle, même si c'est dans du sable par 600 ou 700 fois, donc descente préliminaire à la pelle et à la bêche.
Ensuite apparaît la tache sombre indiquant le remblai de la tombe. Le détecteur passé dans ce sol régulièrement à plat tous les 15 cm permet de repérer immédiatement les alignements de clous que l'on dégage alors en douceur à la truelle. Il est ainsi aisé de distinguer les cercueils avec un premier niveau de clous, tête en haut, pointe en bas.
Pour les brancards, la perception des clous au second niveau a un rôle de préservation supplémentaire du mobilier.
Même localisé, rien n'est plus facile à faire " valser" qu'un clou et pourtant l'intérêt statistique entre nombre de cercueils et nombre de brancards n'est pas à négliger.
Encore à Chantambre, s'agissait-il de sable; que devient ce premier niveau de clous dans une fouille au sol compact, cendreux ou collant?


Après la fouille :
Une fois faites la prévention préliminaire et la localisation en cours de fouille, reste l'ultime vérification : la prospection systématique des déblais. J'entends déjà les tollés des fouilleurs, forts de leur expérience et sûrs de leur ?il de lynx : " Un bon foufouille ne doit rien laisser passer! "
Si cette remarque est théoriquement vraie et s'impose à l'esprit du professionnel, il n'en demeure pas moins vrai que la réalité sur le terrain est toute autre. Cela dit sans vouloir blesser ni critiquer qui que ce soit, force est de constater que l??il et la main humaine, fussent-ils de professionnels sont loin d'être infaillibles! Les nombreuses trouvailles réalisées par mes collègues et moi-même sur divers chantiers ne peuvent qu'appuyer mes propos.
C'est pourquoi j'invite les responsables de chantiers archéologiques désirant associer à leurs recherches la détection électromagnétique à éviter dans la mesure du possible la constitution de tas de déblais anarchiques, où l'on retrouve pêle-mêle, papiers argentés, boîtes de conserve et autres objets...
En outre, chaque tas de déblais devra correspondre à un "fichage" donné (c'est un élément de corroyage, A 1, A 2, etc.; c'est un fond de cabane, c'est une fosse, etc.).
Il convient de considérer que certains sols sont plus difficiles que d'autres à fouiller. Outre le fait qu'un foufouille reste un Homme et que malgré son expérience, la fatigue aidant, son attention peut parfois se relâcher, nous avons pu constater que les sols à terre très grasse ou argileuse, soit trop humides, soit trop secs, voire même les comblements cendreux et humides sont particulièrement propices au rejet dans les déblais d'éléments très intéressants (petits outils ferreux, monnaies, fibules, etc.).
Dans ces sols, le tamisage est impossible, sauf sous l'effet d'un jet d'eau, mais encore faut-il beaucoup d'eau et du temps.
Dans les sols gras très secs, il faudrait casser les mottes une par une, ce qui est pratiquement impossible pour les mêmes raisons que ci-dessus.
Dans les sols gras très humides, vous avez neuf risques sur dix de laisser passer nombre d'objets.
Une particularité se présente encore avec les sois très cendreux et humides.
En effet, les objets métalliques soumis à l'acidité de ce type de sol sont enrobés dans une véritable gangue très dure qui extérieurement présente une parfaite analogie avec le soi dans lequel ils se trouvaient, ce qui incite à les confondre avec une motte de cendre durcie ou avec une scorie. En fait, les objets, débarrassés de cette gangue, s'avèrent souvent bien préservés.


Par exemple, à Saint-Germain-les-Corbeil, les déblais issus du comblement de la cave gallo-romaine ont livré des dizaines de monnaies du début du IV ème siècle, de même que ceux provenant du remplissage d'une grande fosse du le, siècle, où ont été retrouvées deux fibules.
Un dernier détail à signaler
- quand vous aurez bien dégagé les murs arasés de votre habitat gallo-romain, que les derniers relevés et clichés auront été effectués, et juste avant que les bulldozers ne viennent à jamais rayer de la carte l'objet de votre fouille, osez donc laisser glisser la palette du détecteur de service sur ces derniers vestiges et vous aurez peut-être la joie, comme à Saint-Germain-les-Corbeil, de découvrir sous les pierres, dans l'angle formé par deux murs, un petit dépôt monétaire d fondation, dont l'importance Pour la datation vous en conviendrez, ne Peut être niée.


PROPOSITIONS POUR REMÉDIER
AU "clandestinage " ET RENFORCER LES RANGS DES BÉNÉVOLES


Nous avons vu précédemment le principe des sections "prospection-détection " à l'intérieur des groupes archéologiques.
Je souhaiterais vivement élargir ces sections à ceux que l'on appelle globalement les clandestins, qui pèchent pour la plupart plus par ignorance et exclusion que par réel appât du gain.
Il y a actuellement environ 100000 possesseurs de détecteurs de métaux ; pour moi, ce sont 100000 fouilleurs potentiels si l'on veut bien pratiquer l'ouverture, la tolérance et surtout l'information.
Actuellement j'ai l'impression que l'on se donne bonne conscience en se retranchant derrière une loi.
Or, depuis que ces lois existent, le "clandestinage ", continue et continuera et ce, pour deux raisons majeures : - la principale, c'est la passion, le goût de la recherche et la joie de la découverte, autant d'aptitudes qui conviennent à merveille à l'archéologie.
- la seconde, plus terre à terre, est qu'un détecteur de haut de gamme coûte très cher (environ 10 000 F aujourd'hui), et que le prospecteur rêve, sans trop y croire d'ailleurs, qu'il pourra atténuer ou amortir par ses trouvailles, le coût de son acquisition.
. Je constate depuis dix ans que par refus de dialoguer, de chercher une solution de compromis qui satisferait toutes les parties, nombre de découvertes ont échappé et échapperont encore à la connaissance de tous.
Combien de merveilles dorment dans les tiroirs et les placards de collections privées parce qu'il n'y a pas d'alternative ?
Combien de sites gaulois ont ainsi été localisés par exemple en forêt de Sénart; or seules les monnaies et les fibules, voire les armes, permettaient d'indiquer précisément l'existence de ces sites car l'épaisse couche d'humus les rend invisibles à la prospection visuelle.
Pour quelques monnaies à déclarer, ce sont donc tous les sites correspondants qui échappent à la connaissance, leur localisation ne pouvant plus s'effectuer désormais que de façon fortuite, lors de travaux.
Alors au risque de choquer nombre d'entre vous, je me dis qu'en acceptant de "donner" un peu, notre patrimoine, sur le plan des découvertes archéologiques, y gagnerait beaucoup.
Il y gagnerait aussi certainement sur le plan des renforts apportés aux rangs des bénévoles et pas seulement dans le cadre étriqué de la seule détection électromagnétique.
Je suis moi-même venu à l'archéologie par la détection électromagnétique et je demeure persuadé que nombre de ceux que l'on appelle les clandestins seront demain les plus passionnés des fouilleurs si l'on pratique l'information, la formation et l'ouverture.
Voici donc les propositions que j'ose émettre devant cette assemblée :
- il convient tout d'abord de réglementer et de contrôler l'utilisation de ces appareils. Ainsi, le prospecteur utilisant un détecteur de métaux, devra donc obligatoirement adhérer à une association archéologique habilitée, comportant une section de recherches pratiquant la détection électromagnétique;
- le responsable de cette section tiendra un fichier des membres participants; ce dernier sera communiqué ainsi que sa mise à jour au S.R.A. de la région Ile-de-France;
- seuls, le responsable de la section locale ainsi que son suppléant seront assermentés et pourront disposer d'une autorisation légale à présenter. le cas échéant, aux autorités locales;
- une connaissance préalable des techniques de fouille devra être assimilée avant la pratique sur le terrain; cela supposera avant toute adhésion, la participation attestée à divers chantiers de fouille;
- avant le début d'une année de prospection, une liste des divers projets de recherches envisagés pour la saison, comportant les coordonnées précises des cartes IGN concernées, devra être soumise à l'examen du S.R.A. par chaque responsable de section.
En retour, les listes seront complétées par un accord ou un refus selon les cas, et mentionneront en particulier, s'il s'agit d'un site déjà déclaré ou non.
Toutefois, ces listes ne sont pas exhaustives et pourront être assorties d'autorisations spéciales lors de cas ponctuels de découverte fortuite ou de recherches de sauvetage, par exemple, nécessitant une intervention urgente.
Les participants s'engagent à déclarer systématiquement, sous couvert du responsable ou de son suppléant, toutes les découvertes réalisées, à savoir :
- fiche signalétique du site (avec photocopie carte IGN)
- rapport détaillé
- tous éléments recueillis : poteries diverses, éléments métalliques (outils, vaisselle, monnaies, etc.), fragments de verre, ossements, outils lithiques...
Tout manquement à ces principes entraînera l'exclusion définitive du membre fautif de la section locale, nonobstant les poursuites réglementaires.
En ce qui concerne la dévolution des objets découverts, trois cas sont à envisager :
1 - Le S.R.A. demande l'intervention sur une présomption de site ou sur un site déclaré mais comportant un nombre insuffisant d'éléments :
La totalité des trouvailles effectuées revient de droit au S.R.A.
2 - La section, locale découvre un nouveau site non répertorié :
Elle est réputée inventeur de cette découverte. La déclaration de site est effectuée dans les conditions habituelles. La totalité des trouvailles est remise au S.R.A. pour examen et inventaire; cette mise en dépôt ne pourra excéder deux ans. La section locale peut revendiquer pour les objets réputés de valeur et tout particulièrement pour les monnaies, le statut d'inventeur. Selon la législation actuellement en vigueur pour les découvertes de trésor, l'inventeur, sous réserve qu'il ait obtenu l'accord du propriétaire des lieux, est réputé avoir droit à la moitié de la valeur de sa trouvaille, l'autre moitié revenant au propriétaire. A l'issue du délai de deux ans précité, les découvertes sont mises à disposition de l'inventeur et du propriétaire.
En cas de vente, l'Etat pourra exercer, comme à l'accoutumée, son droit de préemption.
Les modalités de répartition entre les membres de chaque section du produit de la vente, le cas échéant, pourraient s'inspirer des critères essentiels suivants : - 50% pour le propriétaire des lieux, - 10% pour le groupe archéologique dont dépend la section,
- 10 % seraient destinés à l'auteur effectif de la trouvaille sur le terrain, - les 30% restant seraient répartis de façon égale entre tous les membres de la section, y compris l'auteur de la trouvaille susvisé, mais assortis d'un coefficient d'assiduité aux sorties effectuées permettant d'assurer un maximum de participation.
3 - Cas d'une trouvaille fortuite n'ayant aucun rapport avec le site lui-même (dépôt isolé de tout contexte ou objet perdu) :
- que les recherches aient lieu à proximité d'un site déclaré ou non, la section réalisant la trouvaille peut en revendiquer l'invention;
- exemple : à la suite d'une demande d'intervention sur un site gallo-romain, un prospecteur découvre à proximité du site, un dépôt de l'époque napoléonienne!
Cette proposition de statut présente, pour l'ensemble des parties, divers avantages.
Pour le S.R.A. - mise à disposition d'un contingent de quelque 100000 fouilleurs Potentiels bénévoles;


- mise à disposition de Prospecteurs avertis et formés, et par conséquent d'un matériel efficace et très onéreux, pour le contingent des candidats ayant satisfait à l'épreuve probatoire de familiarisation avec l'archéologie et les méthodes de fouille;
- possibilité d'intervention immédiate d'autant d'unités que possible en cas de site menacé ou de demandes de données plus affinées sur un site donné; - quel que soit le cas de figure, déclaration systématique de toutes les trouvailles réalisées en Ile-de-France et plus précisément dans leur contexte.


Pour les prospecteurs
- mis à part quelques spécimens douteux, les prospecteurs sont plus fortement attirés par le plaisir de chercher et de découvrir que par l'appât du gain proprement dit.
Dans notre société ou tout est orchestré et contingenté, c'est comme une bouffée de liberté, d'aventure à la porte de chez soi.
Il y a fort à parier que si ce projet trouve crédit, nombre de trouvailles vont sortir des placards et être enfin connues du S.R.A. et répertoriées dans leur contexte.
Depuis onze ans que je pratique la prospection électromagnétique, tout en mettant en pratique ce que je préconise, à savoir la déclaration systématique des sites et des trouvailles réalisées, j'ai rencontré de nombreux chercheurs et je peux affirmer que 99% d'entre eux ne vendent pas leurs trouvailles, mais qu'ils n'ont rien pu déclarer à cause de l'interdit et de la peur des représailles.
Il est à remarquer d'ailleurs que l'interdiction n'a pas supprimé la pratique de la détection libre.
Les seuls à bénéficier de cette interdiction sont sans doute les petits "antiquaires" véreux fort habiles à gruger les quelques prospecteurs non avertis, désireux de monnayer leurs trouvailles en cachette, bien souvent d'ailleurs pour réinvestir dans un détecteur plus perfectionné. Autant de trouvailles définitivement perdues pour l'archéologie ainsi que les sites correspondants. On ne pourra pas empêcher qu'en chaque prospecteur, comme en chaque foufouille d'ailleurs, subsiste le fantasme d'une magnifique trouvaille.
En fait, sur le terrain, la réalité est toute autre : une détection de six ou huit heures est extrêmement dure physiquement; elle nécessite endurance, persévérance, patience, esprit d'initiative, pour des résultats souvent nuls ou anodins.
Mais l'important c'est le rêve, et pourquoi tuer le rêve puisque c'est lui qui sert de moteur à cette passion qui pousse à chercher, à imaginer, en faisant preuve de perspicacité, d'esprit d'observation.


Ce moteur, c'est toute l'énergie, tous les bras, toutes les têtes que le S.R.A. pourrait utiliser à des fins positives tant pour lui-même que pour les chercheurs.
Dans la réalité, même si lestrouvailles de dépôts monétaires ou d'objets précieux existent, il faut bien admettre qu'elles représentent une infime partie de tout ce qui pourrait être inventorié par ce procédé de recherches; sans compter qu'elles peuvent à tout moment être faites et non inventoriées.
Pourquoi ne pas prévenir plutôt que guérir; l'incitation contrôlée plutôt que l'interdiction incontrôlable me semblerait à caractère nettement plus positif.
Quant au problème des dégâts occasionnés par les prospecteurs, une longue pratique personnelle me permet d'affirmer que la quasi-totalité des trouvailles est réalisée soit pratiquement en surface soit jusqu'à une profondeur maximum de 20 à 30 cm, sauf dans le cas d'un volume de métal très important.
Or, nous savons que le soc d'une charrue actuelle descend en moyenne à 35 cm ou 40 cm, quand ce n'est pas la sous-soleuse, danger bien réel celui-là pour les sites, qui défonce allègrement le soi jusqu'à 80, voire 90 cm.


Le problème posé par les détecteurs est demeuré depuis de longues années dans l'impasse par suite du refus d'assimiler les trouvailles réalisées à l'aide d'un détecteur à une découverte fortuite, et Pourtant quelle est la différence ?
Un quidam qui trouve un dépôt monétaire en faisant des travaux n'est pas plus propriétaire que celui qui le trouve en pratiquant la détection et pourtant, dans un cas, l'Etat lui reconnaît la possession de la moitié ou de la totalité s'il est propriétaire et dans l'autre cas, rien et des poursuites judiciaires.
On joue sur le mot fortuit mais l'utilisateur du détecteur sait-il bien davantage que l'ouvrier précité qu'il va réaliser une trouvaille? C'est le hasard, aidé sans doute, mais hasard toujours!


L'important est en fait que le S.R.A. puisse contrôler et animer les recherches et recenser les trouvailles réalisées; personne n'a voulu vraiment envisager un accord en ce domaine et personne n'en sort gagnant alors que les deux parties pourraient l'être et solidairement.
Si les paragraphes 2 et 3, concernant la dévolution des découvertes réalisées sur un site peuvent paraître choquants et difficiles à admettre, il n'en demeure pas moins qu'ils restent la clef qui solutionnera ce problème resté en suspens. Est-ce trop demander que de laisser rêver le prospecteur qu'il pourra un jour, peut-être, être indemnisé partiellement de son achat?


Toute peine mérite salaire; les fouilleurs et les prospecteurs bénévoles n'en demandent pas. Toutefois, si l'achat d'une truelle et d'un pinceau ne nécessite pas un gros investissement, l'acquisition d'un détecteur de métaux fiable, de haut de gamme, nécessite un investissement d'environ 10 000 F; ces appareils étant très fragiles, on peut considérer qu'ils doivent être renouvelés, en moyenne, tous les cinq ans.


Si la prospection électromagnétique est reconnue et contrôlée dans les conditions que je viens de définir, le chercheur se sentant mandaté et investi d'une mission, se sentira plus concerné et responsable; il ne sera plus le pilleur que l'on décrie mais l'un des acteurs de l'aventure archéologique moderne.
La reconnaissance du statut d'inventeur n'étant requise que pour les sites non déclarés, il va sans dire que les trouvailles susceptibles d'être réalisées sur ces derniers ont toutes les chances d'être insignifiantes en pourcentage par rapport à celles qui seront réalisées sur des sites actuellement connus.
Ainsi serait réglé ce problème de la peur ou de la chasse des clandestins puisque tous les sites, à l'initiative du S.R.A., seraient systématiquement passés au peigne fin, rendant vaines toutes prospections sauvages ultérieures.
Il n'y aurait plus d'un côté les vrais fouilleurs et de l'autre les clandestins, mais bien deux équipes solidaires et complémentaires ?uvrant pour un même but : la connaissance archéologique.


En annexe à ces propositions, et dans le cadre du droit de préemption exercé par l'Etat, je propose une taxation des détecteurs de métaux.
Cette taxe, d'un montant modique, voire 100F, serait perçue annuellement.
Le produit total de cette taxe pourrait donc s'élever en théorie à :
1000F x 100 000 détecteurs = 10 000 000 F.


Cette somme pourrait être affectée au crédit du budget de l'archéologie, et pourrait donc être utilisée pour permettre à l'Etat d'exercer son droit de préemption, le cas échéant, sans pratiquement bourse délier.
En effet, il s'agirait en somme d'un mouvement de compensation qui satisferait toutes les parties :
- la taxe payée par les prospecteurs alimenterait donc une sorte de fonds commun affecté à l'exercice du droit de préemption en particulier, et à divers autres projets et réalisations archéologiques en cas d'excédent en fin d'exercice.
- l'Etat et particulièrement la direction de l'archéologie exercerait un contrôle efficace : du parc des détecteurs détenus en France, de toutes les découvertes effectuées sur le territoire.
Ce Projet, contrairement à une interdiction pure et simple, entraînerait un accroissement certainement très sensible des découvertes, parfois spectaculaires, réalisées en France et aurait l'avantage de mettre un terme à la détection sauvage actuellement pratiquée.
Il aurait également l'avantage, plutôt que l'interdiction toujours mal ressentie et souvent négative, de rallier à la cause archéologique nombre d'unités, tant en hommes qu'en matériel.
La pratique de la détection ne pouvant désormais s'exercer que dans le cadre d'une équipe archéologique structurée et compétente, supervisée et contrôlée efficacement par le Service Régional de l'Archéologie (S.R.A.), il n'y aurait plus à redouter d'éventuelles déprédations incontrôlables.




CONCLUSION



Aux détracteurs et aux réfractaires qui demeureraient résolument incrédules, je rétorquerai que mes remarques sont fondées sur des observations réelles faites ponctuellement par un homme de terrain. Loin de moi l'idée de vouloir donner des leçons à des archéologues qui possèdent à la fois le savoir, la compétence, dans cet immense domaine de la connaissance des civilisations, dont je dois humblement reconnaître que je suis dépourvu. Bien sûr, la détection électromagnétique n'est pas l'archéologie, comme on me l'a si souvent et fort justement dit, mais je voudrais simplement convaincre les archéologues dont beaucoup, sans doute des précurseurs, le sont déjà, que la détection magnétique ne doit plus simplement donner lieu à un concert d'indignation mais qu'elle doit, bien au contraire, sous réserve de certaines garanties ci-dessus énoncées, être promue à un rôle de complémentarité indispensable tant en matière de prospection que de fouille. Ainsi ai-je appris qu'en Allemagne, décidément toujours en avance, sur certains chantiers, chaque foufouille dispose individuellement d'un détecteur qu'il passe sur le sol, au fur et à mesure de sa progression. Non, la "poêle à frire" n'est pas l'ennemie de l'archéologie, elle est un adjuvant, un outil complémentaire, au service de l'archéologie moderne. Mon souhait serait une collaboration étroite entre deux équipes solidaires, ?uvrant pour un même but : la connaissance archéologique.
Nous savons tous que cette connaissance du passé est aussi, bien souvent, la connaissance de notre devenir.

Bernard LENOBLE 1991


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MessageSujet: Re: En 1991 Proposition d'un archéologue pour les détecteurs de métaux   Ven 25 Jan - 12:12

tu vas pas m'croire c'est ce que je me suis dit pourquoi pas un partenariat avec les archéologues

au lieu de se tirer dans les pattes depuis des années ,je dirais même que ça est devenu infantile
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Lancelot
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MessageSujet: Re: En 1991 Proposition d'un archéologue pour les détecteurs de métaux   Ven 25 Jan - 12:23

eh oui !! mais comme tu peux le voir la proposition date de 1991, entre temps une poignée d'extrêmistes ont créé une association anti-UDM, et en plus ils ont l'appui du ministére de la culture vomir
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En 1991 Proposition d'un archéologue pour les détecteurs de métaux
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